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Les Conseils scientifiques et techniques (CST) régionaux des différents organismes de lutte anti-culicidienne français (EIDs, Départements, Syndicats intercommunaux) et celui de l’ADEGE, composés de personnalités dont les compétences sont reconnues au plan national et international, considèrent que les directives européennes et leur transposition dans les droits nationaux ont abouti à une réduction drastique de leurs moyens d’intervention. Cette situation qui leur est faite est en contradiction totale avec la notion de « lutte raisonnée » mise en œuvre, il y a plusieurs décennies, par les ententes interdépartementales pour la démoustication et les autres collectivités s’étant chargé de la même mission.
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Les personnels de ces organismes ont été initiés et formés à l’application d’une méthodologie répondant à cet impératif. Bien avant l’heure, les responsables, tant scientifiques que politiques, ont imposé cette stratégie, reprise dans la notion plus récente de « développement durable ».
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La compétence des chercheurs et techniciens de ces structures de lutte françaises est reconnue internationalement. Leurs agents sont appelés à intervenir partout dans le monde et sont à l’origine de la création d’organismes similaires dans de nombreux pays. Il est indispensable que l’Etat et aussi l’Europe reconnaissent enfin et sans réticence cette compétence dont les opérateurs publics membres de l’ADEGE sont, en France, les seuls détenteurs aujourd’hui. Lors de l’assemblée générale de l’ADEGE, le 3 avril 2009 à Rochefort, il a été décidé par les administrateurs et les scientifiques de saisir les instances nationales et européennes de cette situation et des risques qu’elle génère, tant au plan économique que vectoriel.
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A cet effet, a été rédigé le projet de motion suivant :
1- L’ADEGE, par ses composantes politique et scientifique, considère que le bio insecticide Bacillus thuringiensis ser. israelensis - Bti (substance à activité uniquement larvicide) ne peut être la « seule alternative » mais un élément d’un ensemble de moyens biocides choisis pour leur faible impact sur le milieu, nécessaires pour obtenir et pérenniser l’efficacité de la lutte raisonnée contre les moustiques nuisants ou vecteurs de maladies, y compris les espèces invasives potentiellement vectrices.
2- L’ADEGE estime que la lutte contre la nuisance et/ou contre un vecteur constitue un facteur majeur de développement économique et de protection de la santé humaine et animale et donc de « bon fonctionnement de la société ». Tous les opérateurs publics, appuyés par leurs conseils scientifiques et techniques et dont la compétence est mondialement reconnue, défendent avec force le principe de pluralité et de complémentarité des substances actives utilisées.
3- L’ADEGE procède depuis plusieurs années à l’évaluation de substances actives actuellement disponibles et pouvant remplacer celles qui ne sont pas notifiées (inhibiteurs de croissance, insecticides de nouvelles générations). Dans ce domaine, l’industrie doit être incitée à proposer de nouveaux outils sans attendre ses propositions. Cette démarche volontaire est actuellement entreprise par les opérateurs, les organismes de recherche nationaux (IRD) et internationaux (OMS). Elle doit être fortement soutenue par l’Etat et l’Europe.
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Bacillus thuringiensis ser. israelensis (Bti)

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L’accès à de nouvelles substances actives susceptibles d’être utilisées pour le contrôle des moustiques impose des délais longs pour aboutir. Postérieurement à l’homologation d’une nouvelle molécule, une série d’études in natura est nécessaire, afin d’apporter aux utilisateurs des zones humides les preuves de l’innocuité du produit pour leurs activités professionnelles.
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4- Les méthodes alternatives à l’emploi d’insecticides (lutte physique, lutte biologique, information, communication) sont envisagées et utilisées depuis de nombreuses années par les opérateurs publics de démoustication et intégrées dans la stratégie de lutte, avec des résultats variables selon les milieux dans lesquels elles sont utilisées (rôle très important de la communication en milieu urbanisé) et les espèces culicidiennes à contrôler. Les méthodes alternatives et les traitements insecticides sont, en fait, complémentaires dans un concept de lutte intégrée.
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5- L’ADEGE et ses techniciens constatent une grande variabilité des résultats obtenus, en lutte anti-larvaire, avec le Bti. Cette variabilité n’est pas imputable à la substance active mais, le plus souvent, aux formulations (cependant en voie d’amélioration), aux conditions de milieu permanentes ou saisonnière (mode de mise en eau et niveau du plan d’eau, couverture végétale), aux modes d’application et au mode d’action du produit sur les espèces visées. Ceci est également vrai pour d’autres larvicides.
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6- L’ADEGE considère qu’il est impératif de disposer d’un moyen adulticide, dont il faut optimiser l’emploi de manière à l’intégrer dans la stratégie opérationnelle, comme cela se pratique partout pour :
- parer aux échecs inévitables mais prévisibles de la lutte anti-larvaire. Plusieurs années d’utilisation exclusive du Bti mettent en lumière ce risque et les lacunes de la stratégie imposée par la réglementation.
- contrôler d’éventuels épisodes épidémiques (West-Nile, chikungunya, dengue, paludisme…). A titre d’exemple, on peut citer les difficultés de contrôle des épidémies récentes de dengue en Guyane.
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7- L’ADEGE souligne que la protection des écosystèmes et, plus particulièrement, des zones humides, sources de richesse mais aussi de danger (zoonoses, anthroponoses vectorielles), est une préoccupation permanente des responsables des opérations de contrôle des phénomènes de nuisance ou d’épisodes épidémiques, dans une optique de développement durable, et cela depuis un demi-siècle, donc bien avant que ne soit utilisé ce binôme.
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Elle estime qu’il est indispensable de tenir compte des contraintes évoquées, qui sont le quotidien des opérateurs, dans le but d’éviter le recours dans l’urgence à des substances ou à des méthodes dont il sera difficile de maîtriser les effets sur l’environnement et dont l’impact sur la santé pourrait, en outre, être plus grave que le motif qui a justifié l’intervention, en particulier en matière vectorielle.
Si les opérateurs publics, tels que les membres de l’ADEGE respectent et respecteront la réglementation en vigueur, il n’en sera pas nécessairement de même pour d’autres intervenants ou les particuliers, qui, soumis à l’agression des populations culicidiennes incontrôlées ou mal contrôlées, procéderaient eux-mêmes à des opérations de lutte.
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Faute de réponse positive aux sollicitations contenues dans ce document, destinées à contenir les risques qui y sont soulignés avec la plus grande gravité, l’ADEGE se verra dans l’obligation de mettre en face de leurs responsabilités l’Etat et les instances de l’Union européenne.
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